Cogri — Studio français indépendant
Allemands, Américains, Espagnols, croisiéristes : ce qu’un site en anglais et en espagnol change pour un restaurant, un hôtel ou un commerce marseillais, et comment le traduire sans abîmer votre référencement.
Un couple de Munich sort du Mucem à 19 h. Il a faim, il sort son téléphone et tape « seafood restaurant Marseille ». Google lui propose une dizaine d’adresses. Il clique sur la première, tombe sur une page entièrement en français, revient en arrière… et réserve chez le voisin, dont le site lui répond en anglais.
Cette scène se répète des milliers de fois chaque saison à Marseille. Si vous tenez un restaurant, un hébergement, une boutique ou une activité touristique, une partie de vos clients potentiels ne lit pas le français. Dans ce guide, je vous explique pourquoi traduire votre site en anglais et en espagnol vaut la peine, et comment le faire sans abîmer votre référencement.
L’été 2025, environ 55 % des personnes renseignées par l’Office de tourisme de Marseille étaient étrangères, avec l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne en tête. Sur l’ensemble des nuitées, les dix premières nationalités étaient l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Suisse, l’Italie, la Belgique, la Chine, les Pays-Bas et le Brésil.
La saison 2026 confirme la tendance. Entre mai et mi-août, les nuitées marchandes ont progressé de 5 %. Les Allemands ont augmenté de 14 %, les Américains de 21 % et les Espagnols de 3 %. Et une ligne directe Marseille–New York est annoncée pour juin 2027.
Ajoutez les croisières : le port a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025, en hausse de 7 % sur un an. Beaucoup n’ont que quelques heures à terre et choisissent leur restaurant ou leur activité depuis leur téléphone.
Un touriste américain tape « best bouillabaisse Marseille », pas « meilleure bouillabaisse Marseille ». Google cherche des pages qui correspondent à la langue de l’internaute. Sans page en anglais, vous êtes absent de ces résultats, même si votre cuisine est la meilleure du quartier.
Quand on est à l’étranger, on hésite à réserver si on ne comprend pas les horaires, le menu ou les conditions d’annulation. Une version dans sa langue rassure et évite les appels où personne ne se comprend.
Sans site traduit, le visiteur passe par TripAdvisor, Booking ou une plateforme d’activités qui prend sa commission. Avec un site clair dans sa langue, il réserve chez vous.
Menu, accès, parking, allergènes, horaires : ce qui est écrit en anglais et en espagnol sur votre site, c’est autant de questions en moins au téléphone ou au comptoir.
Beaucoup de sites ajoutent un petit widget de traduction automatique en haut de page. C’est mieux que rien pour le visiteur déjà sur le site, mais cela ne règle pas l’essentiel.
Google publie ses recommandations pour les sites en plusieurs langues. Voici ce qu’elles donnent pour un site de commerçant ou d’artisan marseillais.
Oui, dès qu’une partie de vos clients arrive d’ailleurs. Voici les pages à traduire en priorité selon votre métier.
| Activité | Pages à traduire d’abord | Ce que cherche le visiteur étranger |
|---|---|---|
| Restaurant | Menu, réservation, horaires, accès | Comprendre les plats, savoir s’il faut réserver |
| Hôtel, chambres d’hôtes, location | Chambres, tarifs, réservation, accès depuis la gare et l’aéroport | Réserver en direct en toute confiance |
| Agence de voyage, guide, activité | Circuits, prix, durée, point de rendez-vous | Réserver une sortie pendant une escale ou un séjour court |
| Commerce | Accueil, produits phares, adresse et horaires, boutique en ligne | Trouver la boutique, commander après le voyage |
| Profession libérale | Spécialités, prise de rendez-vous, langues parlées | Trouver un professionnel qui le comprend |
Pour une agence de voyage, je liste aussi les 7 pages indispensables dans un guide dédié.
Pas besoin de tout traduire d’un coup. Voici l’ordre que je recommande.
Non, si c’est bien fait. Avec une adresse par langue et des balises hreflang, Google comprend qu’il s’agit de versions d’une même page et affiche la bonne selon la langue de l’internaute.
Non. Pour une entreprise locale, des sous-dossiers (/en/, /es/) sur votre domaine actuel suffisent. C’est plus simple à gérer et vous gardez la force de référencement de votre site.
Oui. Mieux vaut cinq pages bien traduites que vingt pages approximatives. Assurez-vous simplement que le menu et le sélecteur de langue ne mènent pas vers des pages vides.
L’anglais, sauf si l’essentiel de votre clientèle étrangère est espagnole. Il touche aussi les visiteurs allemands, néerlandais ou américains.
Oui. Le service s’applique aussi bien à un nouveau site qu’à un site déjà en ligne.